samedi 26 octobre 2013

1897-1969

En ce moment au Musée du Jeu de Paume on peut visiter la très belle exposition consacrée à Erwin Blumenfeld.
Alors que je ne le croyais que photographe j'ai eu l'agréable surprise de voir qu'il était en fait un artiste très complet puisque son travail comptait de multiples facettes:
car si on connaît davantage son côté photographe, puisque ses photographies pour de célèbres magazines de mode ont fait le tour du monde, il avait bien d'autres talents!
C'est ainsi que si vous avez la bonne idée d'aller visiter cette exposition, qui est la première rétrospective de l'artiste en France, vous pourrez voir aussi bien des dessins, des photographies que des montages et des collages.

Crédit-photo:MuséeduJeudePaume

Dans cette exposition je me suis vraiment sentie transportée dans son univers et quand il dit:
"Comme il ne me restait absolument aucune autre solution, je devins photographe" j'aime entendre son humour  grinçant, humour que l'on retrouve bien souvent dans son travail et notamment dans ses autoportraits.
 Ces fameux autoportraits qu'il à commencé étant enfant et que tout au long de sa vie il prit soin de continuer, toujours avec cet petit côté cocasse qui le caractérisait.
Il est également intéressant de voir à quel point la vie de l'artiste à été influencée par le contexte sociopolitique de son époque:
née juif allemand dans une période particulièrement troublée c'est aux États-Unis qu'il trouvera finalement refuge et le moyen d'exprimer pleinement son inépuisable créativité.
Ses dessins permettent également de déceler un petit côté espiègle chez lui, une idée renforcée par sa fascination avérée pour Charlie Chaplin (acteur censuré à cette époque en Allemagne et dont j'ai appris lors de cette exposition qu'il était un héros Dada !!).
Comme pour chaque artiste son travail se décomposait en période, qui sont fort bien représentées dans la scénographie aérée et lumineuse choisie par le Musée du Jeu de Paume, on passe de l'une à l'autre en suivant ainsi les voyages qui ont rythmés la vie d'Erwin Blumenfeld (Allemagne bien sûr mais aussi France, Pays-Bas ou encore Etats-Unis).
Aller voir cette exposition c'est à la fois cotoyer les grands mouvements artistiques du siècle dernier mais également des côtés nettement plus sombres remarquablement bien transposés par l'artiste dans ses travaux: un voyage dans le temps en moins de 2 h qui dit mieux?
"Sans miroir je ne serai jamais devenu un homme" disait l'artiste et pas moyen de le contredire après avoir vu cette exposition-là...

Exposition visible jusqu'au 26 janvier 2014.
Musée du Jeu de Paume
1 place de la Concorde
75008-PARIS
Mardi (nocturne) de 11h à 21h
Du mercredi au samedi de 11h à 19h.
Entrée Gratuite pour les étudiants le dernier mardi du mois de 17h à 21h.

mercredi 23 octobre 2013

Almost free #17: Le 116

Cette semaine la petite chronique gratuite ne se passe pas à Paris ...
Rassurez-vous ce n'est pas non plus à l'autre bout du monde puisque ça se passe à Montreuil et que c'est accessible en métro !!
Qu'est-ce qui m'a donc attirée hors de mon fief ?
L'ouverture d'un nouveau centre d'art contemporain:
le 116, nom parfait histoire de se rappeler l'adresse du lieu, c'est difficile de faire mieux!!


Le 116 s'annonce comme un espace de rencontres, d'échanges et d'expositions:
résidence pour artistes, lieu d'échange avec les habitants du quartier, lieu d'exposition avec visites commentées, conférences et débats, l'idée est de permettre aux professionnels, aux artistes et au public de communiquer, d'être en phase pour mieux avancer.
Rien de plus désespérant qu'un artiste enfermé dans sa tour d'ivoire et très éloigné des réalités ou qu'un public qui pense que l'art est réservé aux élites car de toutes façons "on n'y comprend rien"...
L'idée de mettre la médiation au coeur du projet ne pouvait que me plaire et je confirme que ce nouveau centre d'art contemporain est plein de promesses et d'innovations avec par exemple le seul bureau francophone de l'université de silence ("The Silent University"), une communauté où les seules valeurs d'échanges sont le temps, le savoir, le partage.
L'exposition qui se tient actuellement au 116 se nomme "singularités partagées":
elle porte son nom à merveille puisqu'il s'agit d'une sorte de "catalogue des désirs collectifs", de plus elle reprend un des thèmes fondateurs à l'origine de la création du centre autrement dit l'idée de voir l'art comme un outil de communication et non comme un frein, une sphère inaccessible.
Cette idée d'accessibilité de l'art étant un concept chér à mon coeur, je ne peux que vous recommander d'aller faire une visite et de vous faire votre propre avis !

Et le meilleur pour la fin: puisque c'est dans la rubrique "almost free", c'est gratuit !! Un audio-guide est également mis à la disposition du public, il nous parle davantage de l'histoire liée au bâtiment que de l'exposition mais cette histoire est suffisamment atypique pour être entendue avec plaisir. Vous trouverez également, si vous y alliez rapidement, une bande-dessinée tirée à 4000 exemplaires et qui raconte l'histoire du centre, vu qu'elle continuera d'être publiée au fil des expositions c'est un numéro collector !!
Pour conclure:
++: ce n'est pas souvent que l'on peu assister à la naissance d'un centre d'art contemporain qui à de fortes chances de compter dans les années à venir !
-- : c'est encore un peu vide, mais rien de plus normal pour un démarrage qui, je vous le rappelle, à eu lieu la semaine dernière !!

"Singularités partagées"
Exposition visible jusqu'au 11 janvier 2014.
116, centre d'art contemporain
     116, rue de Paris
     93100-Montreuil
Ouvert du mercredi au samedi de 14h à 19h.

dimanche 20 octobre 2013

Wish-list #21

En cette grise journée d'automne voici venu le temps de faire quelques prévisions pour la semaine qui se profile.

Du côté des expositions, alors que le choix est pléthorique, (et c'est peu de le dire car j'ai une liste d'expositions à voir longue comme le bras et pas besoin de préciser que je ne trouve pas le temps nécessaire pour les voir pour le moment !!), j'ai fini par en choisir 2 (et oui la raison l'emporte sur l'envie dévorante de tout voir !!):
-tout d'abord voir la rétrospective consacrée à Erwin Blumenfeld au Musée du Jeu de Paume, que je n'ai pas visité depuis cet été, est presque une nécessité.
-Ensuite l'exposition "Kanak, l'art est une parole" au Musée du quai Branly l'emporte pour cette semaine, car actuellement je suis dans un cycle de travail dans ce lieu hautement inspirant je me permettrai avec plaisir un petit crochet par cette exposition, qui a l'air superbe !!
Crédit-photo:ErwinBlumenfeld



 

Crédit-photo:MuséeduquaiBranly




























HEIMAT I – Chronique d’un rêve
Crédit-photo:allociné.fr
Gravity
Crédit-photo:allociné.fr
Du côté du cinéma ensuite:
-le très médiatisé "Gravity" sort cette semaine il parait qu'il est "à couper le souffle", hâte de voir ça !
-Dans un tout autre registre" Heimat, chronique d'un rêve", après avoir vu et revu la bande-annonce en salle obscure j'ai bien envie de voir si ce que j'ai vu (et qui m'a beaucoup plu) reflète bien la réalité.


Que j'aime l'idée de voir, et de découvrir, des choses totalement différentes, voir diamétralement opposées car vous aurez noter à quel point ma sélèction est diversifiée en même temps ça me ressemble tellement ( ceux qui me connaissent IRL comprendront) !!
Bonne semaine culturelle à tous et à toutes, si vous parvenez à passer entre les gouttes (oui je parle aussi de la météo :))

samedi 19 octobre 2013

almost free #16: Photoquai

Cette semaine le "almost free" (rubrique particulièrement chère à mon coeur) est consacré à l'exposition "Photoquai" qui se tient actuellement devant le majestueux Musée du quai Branly.

"Photoquai", qu'est ce que c'est exactement ?
Crée 1 an après l'ouverture du musée en 2007, cette biennale des images du monde a pour but de nous faire découvrir la photographie contemporaine mondiale. Autrement dit avec "Photoquai" vous pourrez voir le travail de 40 photographes issus de près de 29 pays non-occidentaux soit 400 photographies:
alors au revoir New-York, Berlin ou San Francisco, pour une fois, et bonjour au Japon, à la Chine, à la Colombie ou au Burkina Faso.
Car si tout le monde connaît Robert Doisneau, par exemple, c'est l'occasion de découvrir ces magnifiques photographies faites dans le monde entier, ça fait vraiment un bien fou de sortir des sentiers battus, des images convenues ou volontairement sulfureuses qu'on voit habituellement car l'art ne se limite pas aux galeries, aux expositions ou aux écoles il est partout, tout le temps et même, surtout, dans ces petits moments du quotidien qui sont admirablement saisis dans cette exposition .
Décloisonner enfin l'art, donner l'occasion au simple passant d'être saisi par la beauté d'une photographie sans rien avoir préméditer, j'adore et je cite avec plaisir Christine Coste:
"Les frontières n'appartiennent qu'à ceux qui les dressent"



Le fil conducteur choisit cette année est, de plus, vraiment interessant:
la figure humaine, vaste programme n'est-ce pas ?
Beaucoup de portraits mais pas seulement puisque le corps humain ayant été choisi comme unité de mesure on retrouvera également des paysages, des architectures, des vêtements ou des objets qui accompagnent le sujet et nous par la même occasion au pays des merveilles...
Si toutes les photographies sont à voir j'ai, personnellement, eu un réel coup de coeur pour le travail du Brésilien Gustavo Lacerda:
son travail avec des personnes atteintes d'albinisme est fantastique et traduit en teinte douce une réalité qui l'est souvent nettement moins.
"Regarde-moi" étant la thématique de l'exposition cette année je n'ai qu'une seule chose à vous dire:
allez-y, en famille, seul ou en groupe la visite vaut clairement le déplacement !!




 L'exposition sera visible jusqu'au 17 novembre 2013.
Et si regarder les images ne vous suffit pas des visites thématiques sont organisées par le musée le jeudi soir de 19h30 à 21h et le samedi de 17h à 18h30.
Plus d'informations directement sur le site de l'exposition:
www.photoquai.fr

le côté obscur #17: T.S Spivet/ Au bonheur des ogres

Cette semaine j'ai vu 2 films dont le thème commun est le parcours initiatique c'est pourquoi j'ai décidé de les regrouper dans un même article.

-Tout d'abord "l'extravagant voyage du jeune et prodigieux TS Spivet" de jean-Pierre Jeunet:
l'histoire est poétique, le personnage principal très (très) attachant et même si on ne croit pas une seule minute à cette histoire de surdoué de 10 ans qui traverse les États-Unis seul avec une valise plus lourde que lui on a le sourire pendant tout le film en suivant ses tribulations:

si certains clichés sur l'Amérique profonde sont bien présents, entre la grande soeur qui veut devenir miss Montana et le père cow-boy à l'ancienne, ce petit bonhomme, haut comme 3 pommes, dont nous suivons le périple nous enchante pendant tout le film largement aidé par la force des images et ceci même si le scénario est un peu léger et la fin trop facile à mon goût.
J'ai trouvé le film visuellement magnifique, on en prend plein les yeux (et notamment avec l'utilisation de la fameuse 3D ) avec les images somptueuses qui sont la marque de fabrique de Jean-Pierre Jeunet.
Je ne suis pas toujours convaincue de la nécessité de la 3D au cinéma, qui est maintenant utilisée à toutes les sauces même là où elle n'est d'aucune nécessité, mais avec "l'extravagant voyage du jeune et prodigieux TS Spivet" elle contribue sans le moindre doute à vraiment nous entraîner dans le film pour partager "in-vivo" les mêmes émotions que TS.
Joli parcours pour TS qui ressortira différent par cette expérience hors-du-commun un peu comme nous en sortant de l'experience qu'est la rencontre avec une oeuvre ...

Pour conclure:
++: Un vrai plaisir de voir Héléna Bonham Carter dans un rôle moins déjanté que d'habitude.
--: La fin du film trop gentillette mais qui reste dans l'esprit du film.



-Ensuite "Au bonheur des ogres" de Nicolas Barry.

Ici le film m'a laissé une impression mitigée:
Si l'esthétique est belle (quoique l'usage massif du fond vert donne une impression irréelle au film) et l'histoire bien rythmée quand je sors de la salle de cinéma sans avis tranché ce n'est généralement pas le meilleur des signes...
Bérénice Béjo, que j'ai trouvé magnifique dans "Le passé", m'a semblé ici à contre-emploi comme si le registre comique n'était pas vraiment fait pour elle...
Et c'est dommage de ne pas avoir prit une vraie actrice rousse le côté artificiel de la teinture m'a fait tiquer ...
A contrario j'ai trouvé Raphael Personnaz parfait dans le rôle de looser, après l'avoir vu dans plusieurs films dont "Marius", où il ne m'avait pas totalement convaincue, pas de doutes ce genre de rôle lui correspond vraiment !
En ayant d'abord vu "l'extravagant voyage du jeune et prodigieux TS Spivet" je n'ai pas pu m'empêcher de trouver des similitudes dans le traitement des 2 films:
univers onirique, pleins de bons sentiments, famille au centre de tout et surtout le fameux parcours initiatique alors hasard ou volonté consciente de jouer sur le même registre??
Après le film reste un moment agréable:
de jolies images, un happy-end, une suite qui se profile puisqu'il s'agit d'une saga à la base et des acteurs qui ont sûrement du beaucoup d'amuser pendant le tournage !!

 Pour conclure:
++: j'ai apprécié que le film ait un format classique ( à peine plus d'1h30) et n'allez pas croire que je suis "traumatisée" depuis "La vie d'Adèle")
-- : Petite déception pour Bérénice Béjo dont j'apprécie davantage le jeu d'habitude.