lundi 14 octobre 2013

Je t'aime moi non plus...

La semaine dernière je suis allée voir l'exposition consacrée à Diégo Rivera et à Frida Kahlo, qui se tiendra jusqu'au mois de janvier, au Musée de l'Orangerie et après une tentative infructueuse, due à la queue très effrayante qui court devant le musée, je m'y suis rendue de bon matin et j'ai été bien inspirée puisque j'ai pu profiter de l'exposition en toute tranquillité !!
Impossible de parler de Frida Kahlo sans parler de Diégo Rivera si la maladie les a séparé lors de la mort de Frida en 1954 cette très belle exposition les réunit prés de 50 années plus tard:
Frida disait d'ailleurs elle-même: " j'ai eu 2 graves accidents dans ma vie, le bus et Diégo ", c'est dire si cette histoire très particulière a eu un impact important dans sa vie.
Un amour passionnel, profond et absolu pourtant fait de tromperies réciproques, de souffrances et de multiples tourments Diégo Rivera étant un incorrigible Don Juan.
Frida Kahlo / Diego Rivera  - Musée de l’OrangerieCette exposition permet au spectateur de voir à quel point une expérience, qui est intime à la base, peut se transformer en matière universelle et ainsi parler à tout le monde: l'accident de Frida Kahlo a été un évènement particulièrement douloureux (ce qu'on peut aisément comprendre) et il est intéressant de voir comment elle à réussit à transformer cette souffrance extrême en matière pour sa création, un processus qui n'est certainement pas inconnu à ceux qui pratique une activité créatrice.
Quand je visite des expositions, voit des spectacles ou encore de films au cinéma j'aime trouver des recoupements ici il s'agira de la couleur bleu, omniprésente dans "La vie d'Adèle" où elle représente l'amour tout comme pour Frida Kahlo et Diégo Rivera qui possédaient une maison bleue, temple de leur amour.
Si les univers artistiques de Frida Kahlo et Diégo Rivera se touchent ils sont tout de même bien différenciés et on reconnaît aisément la touche de l'un ou de l'autre:
à Diégo Rivera l'héritage pré-colombien et l'inspiration d'art rural indien ce qui inspire Frida Kahlo mais ne la détourne guére longtemps de ses représentations quasi-obsessionnelles d'elle-même en autoportrait: et la douleur que l'on peut percevoir dans ses tableaux n'est certainement pas étrangère à la sienne, tant physique que morale, sa vie ayant été jalonnée de drames tous les plus difficiles les un que les autres.
Frida et Diégo ou la naissance d'un mythe:
une exposition dont on ne sort pas tout à fait le même...

Pour conclure:
++: ravie d'avoir découvert le travail de Diégo Rivera qui, il faut bien l'avouer est habituellement largement éclipsé par celui de Frida dans l'imaginaire collectif.
--: l'exposition est bien petite, c'est dommage ...

"L'art en fusion" est visible jusqu'au 13 janvier 2014 et gratuite pour les étudiants en arts !!
Musée de l'Orangerie
Jardin des tuileries
75001-PARIS
Ouvert tous les jours sauf le mardi de 9h à 18h.

dimanche 13 octobre 2013

Wish-list #20


                          "Cher père Noël,
je m'y prend un peu en avance cette année pour te demander ce que je voudrais cette année pour mon noël mais comme il s'agit d'une demande assez spéciale je voulais te laisser le temps d'y reflechir un petit moment..
Soyons bref, il me faudrait du temps avec au choix des journées de 36 à 48 heures ou des semaines de 10 jours tu fais comme ça t'arrange hein je ne vais pas chipoter mais si tu pouvais m'arranger ça pour l'année 2014 ce serait vraiment, vraiment sympa de ta part.
Des bises"

Mis à part cette petite digression ( et bien oui qui ne tente rien n'a rien) j'espère que vous allez bien et que vous êtes prêt pour prendre connaissance de la liste de mes prévisions culturelles de la semaine !

Du côté du cinéma, une jolie sélection parmi toutes les sorties de la semaine:
"L'extravagant voyage du jeune et prodigieux TS Spivet" qui au vu des images de la bande-annonce est un très beau film (dans l'esprit de "Moonrise Kingdom" que j'avais adoré) et "Au bonheur des ogres" avec la talentueuse Bérénice Béjo:


Crédit-photo:allociné.fr
Crédit-photo:allociné.fr

Du côté des expositions maintenant:"Roman d'une garde-robe" , qui ouvre cette semaine, au Musée Carnavalet et oui la mode, la mode, la mode restera toujours un sujet qui me passionne et histoire ne pas se sentir trop dépaysée en restant dans la même période avec l'exposition  "1925, quand l'art déco séduit le monde" à la Cité de l'architecture et du patrimoine qui promet d'être magnifique cette période étant historiquement très riche.



Crédit-photo:Citédelarchitectureetdupatrimoine







Crédit-photo:MuséeCarnavalet

Ajoutez à tout ça une conférence à l'I.F.M sur Azzedine Alaïa, un cours de dessin au Musée du Quai Branly et un détour par le centre culturel du Mexique ma semaine est bouclée je crois...

 Bonne semaine culturelle à tous à Paris ou ailleurs !!










samedi 12 octobre 2013

le côté obscur #16: La vie d'Adèle

Cette semaine alors que j'avais quelques réserves à propos du film je suis allée voir "La vie d'Adèle", poussée par la curiosité et je suis sortie bien dubitative de la séance...
 Si l'histoire en elle-même est intéressante et dans l'air du temps, je n'ai pas du tout été convaincue par le film et ceci pour plusieurs raisons.


Tout d'abord parce que le film est cru, bien trop cru, certaines scènes (les fameuses scènes d'amour pour lesquelles les actrices ont tourner pendant des heures et des heures) auraient largement pus être divisés par 2, quand la salle est prise de ricanements nerveux parce que "c'est bon on a compris" que dire ??
Ensuite pourquoi toujours avec autant de gros plans?
Si c'est évident que l'histoire tourne autour de 2 personnages principaux on est bien d'accord que voir un peu de décor, d'actions autre que sexuelles ce n'est pas mal non plus non ?
Impossible de parler de ce film sans parler de sa longueur interminable:
il parait pourtant que certaines scènes diffusées lors du festival de Cannes ont été coupées pour la diffusion grand public!!
Ces choix font malheureusement l'impasse sur des moments-clé du film, certains sauts dans le temps rendent l'action à la limite du compréhensible car ils méritaient bien davantage de substance:
cette volonté assumée d'Abdellatif Kechiche de déstabiliser le spectateur tombe du coup à plat.



Après tout n'est pas à jeter dans le film j'ai beaucoup aimé la performance d'Adèle Exarchopoulos, qui porte le même nom que son personnage d'ailleurs, et qui donne clairement ses tripes dans ce film.
L'histoire d'amour d'Adèle et Emma est magnifique, pleine de passion, de trahisons et de non-dit comme dans la vie quoi !!
 Et j'ai trouvé "drôle" que la promotion du film soit autant portée par Léa Seydoux alors que dans le film elle est un peu transparente...
Le sous-titre semble annoncer une suite je me demande ce que ça donnera et si le réalisateur tiendra compte des critique faites au film ?
Je n'en dit pas plus pour ne pas dévoiler l'intrigue à ceux qui souhaitent tout de même aller voir le film, je finirai en disant que j'en ai vu de bien meilleurs ...

Pour conclure
++: je me répéte mais admiration pour Adèle Exarchopoulos qui est filmée sans fards pendant tout le film et qui réussi tout de même à être jolie et je vous assure que les yeux pleins de larmes et la goutte au nez ce n'est pas évident du tout .
--: trop long, beaucoup trop long le film aurait gagné en force en étant racourci d'une bonne heure et demi au moins...

mercredi 9 octobre 2013

(1/2 ) almost free #15: Azzedine Alaïa

Cette semaine l'exposition gratuite est seulement à demi-gratuite tout simplement parce qu'elle se décompose en 2 parties et que seule l'une d'elle est en accès libre.
Nous allons donc nous concentrer sur la partie gratuite qui fait partie de la grande rétrospective consacrée à Azzedine Alaïa et concrétisant plus de 30 ans de carrière et qui se tient au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris.
Crédit-photo:PatrickDemarchelier

Aujourd'hui âgé de 73 ans, Azzedine Alaïa a tout d'abord reçu une formation de sculpteur aux Beaux-arts de Tunis et cela se voit clairement dans son travail tant ses vêtements sont structurés:
tout n'est d'ailleurs que structure dans son travail, la taille extrêmement marquée, les zips etc...
Chaque robe est accompagnée d'un petit texte qui la situe dans l'historique de la vaste carrière du créateur et pas moyen de confondre une période avec une autre tant les inspirations de cet artiste peuvent varier et même nous surprendre.
Étonnante dextérité dans le maniement des matériaux, je doute que tout le monde puisse travailler avec un pareil rendu la peau de crocodile...
La scénographie de l'exposition, épurée à l'extrême met bien en valeur les vêtements autour desquels on ne peut pas tourner ce qui est bien dommage tellement ils sont riches en détails.


J'ai  apprécié l'accord entre les peintures de Matisse et les robes d'Alaïa crée dans la salle qui porte le nom du célèbre peintre:
décloisonner ainsi la mode et l'art en utilisant tantôt un fort contraste de couleurs et de formes tantôt une quasi-monocromie et une grande rigueur structurelle est une excellente idée à l'heure où tout doit être normé et rangé bien sagement dans sa case.
Pour conclure:
++: Un excellent prétexte pour visiter les collections permanentes du musée.
-- : dommage que la seconde partie de l'exposition soit payante, tout le monde ne fera donc pas l'effort d'aller la voir.

Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris
Exposition ouverte jusqu'au 26 janvier 2014 (dans la salle Henri Matisse)
Accès gratuit pour les collections permanentes/
Ouvert de 10h à 18h tous les jours sauf les jours fériés et en nocturne le jeudi jusqu'à 21h.
Évidemment rien ne vous empêche d'aller voir la suite au Musée Galliera (c'est d'ailleurs là que réside la majeure partie de cette rétrospective):
Musée de la mode et du costume
10 avenue Pierre 1er de Serbie
75116-PARIS
Ouvert de mardi au dimanche de 10h à 18h

mardi 8 octobre 2013

"Tailler dans l'épaisseur du monde"

Le B.A.L est une salle d'exposition que j'aime et que je visite régulièrement (pour faire simple dés qu'il y a une nouvelle exposition j'y vais et vous pouvez lire ou re-lire ce que j'ai pensé de l'exposition précédente ici ):
les choix y sont toujours audacieux, des artistes pas vu partout et avec souvent un message fort.

En ce moment c'est le photographe Mark Cohen qui expose son travail pour sa première exposition majeure en Europe:
artiste-photographe américain, né dans les années 40, il nous livre ici des séries très particulières où les fragments (de corps, de postures ou de gestes) sont mis en avant comme s'il tentait de nous révéler à travers les images l'essence de ce qu'il ne sait pas lui-même, il dit d'ailleurs qu'il "ne sait pas ce qu'il cherche ni pourquoi il est venu"...
J'ai aimé cette démarche qui semble à priori hasardeuse et quand Mark Cohen nous dit sur son travail: "je me laissais simplement happer par ce qui était là, devant mes yeux" je dis oui car l'art comme je l'entend n'a pas forcement un sujet ou un but précis il est bien souvent là seulement pour nous permettre de nous interroger sur nous-même et sur ce qui nous entoure.

Ce travail photographique, qui est si souvent qualifié de perturbant car il brise les codes habituels de ce qui est convenu, frappe par la brutalité des images:
c'est d'ailleurs une entrée en collision directe avec son travail qui vous attend en regardant ses clichés, en gros plan, au flash, dans des plans si serrés que les sujets à-priori quotidiens nous paraissent inquiétants .
Si Mark Cohen a arpenter pendant prés de 40 ans les rues de sa ville natale, si il est passé et repassé par les mêmes endroits des centaines de fois c'est très certainement pour nous permettre, à nous spectateurs, de nous interroger avec davantage de réflexion ce qui nous entoure, que nous croyions connaître mais que nous ne voyons même plus, à méditer donc ...


Pour conclure:
++: le côté surréaliste de l'exposition habilement renforcé par les murs rouge vifs.
--: comme toujours quand l'exposition est réussie, on aimerait en voir davantage !!

"Mark Cohen, Dark Knees, 1969-2012" est une exposition ouverte jusqu'au 8 décembre 2013
Le B.A.L
6 impasse la défense
75018-PARIS 
 Ouvert le mercredi et le vendredi de 12h à 20h, le samedi de 11h à 20h et le dimanche de 11h à 19 h et en nocturne le jeudi jusqu'à 22h.